Ma thérapie primale

La première session

La visite du lieu est succincte, l’endroit le plus important est l’endroit où vont se dérouler les sessions. Il s’agit d’une pièce à l’écart des autres pièces de la maison. Une pièce de quinze mètres carrés, sous les combles. Un lieu confiné où se trouvent des matelas disposés au sol, d’autres sont plaqués au mur… qui évoque un lieu de combat capitonné. Il y a des livres et d’autres objets qui rappellent l’enfance, sans doute facilitent-ils le retour des souvenirs.
Annie s’assoit sur un matelas avec ses outils de travail : un cahier, un crayon, et une boîte de mouchoirs en papier. Elle m’invite alors à m’allonger sur l’autre matelas.
Le stress me gagne, et aussi la crainte et même la peur : je ne sais pas ce qui m’attend.
La première session peut démarrer… pour trois heures environ…

Une autre session importantissime…

« Est-ce que j’étais dans le ventre de ma mère ? » Je tourne la tête vers Annie comme pour attendre en retour une réponse immédiate et satisfaire mon impatience à comprendre… Elle me regarde, fait ce petit geste de la tête du haut vers le bas avec un petit sourire et une expression encourageante sur son visage…

Et quelques instants après, surgit en mon esprit, comme une claque sur la figure : ce désespoir vécu dans le ventre de ma mère était le même que celui vécu après le viol par cet instituteur. Il était aussi identique à celui que j’exprimais à Annie en début de session. Il était aussi identique à de si nombreux moments de désespoir vécus durant ma vie.
Cette prise de conscience a été un moment extraordinaire, une libération totale de quelque chose qui en moi me pourrissait la vie depuis si longtemps.
Plus jamais après cette session, je n’ai ressenti un tel désespoir ! …